Une histoire sans fin, encore et en corps...

 


Chaque jour dans le monde, des âmes naissent et d'autres passent de la vie à trépas. On célèbre la vie, mais on se met des œillères sur l'idée de la mort. Or, notre âme le sait pertinemment que nous sommes ici de passage. Ne pas y accorder une attention particulière, être dans le déni, c'est ça qui n'est pas sage et fait obstacle à goûter la saveur du moment. 

J'ai écrit le petit texte qui suit, en passant. Il reflète ma façon de voir tout ça, les yeux dans les yeux : la naissance, la vie, la mort, ce fameux passage de la vie à trépas, (du verbe trépasser, très passer... Passer, quoi...)

Je dédie ce texte à Françoise, à Marie-Anne, sa fille, et à tous les gens qui les entourent et particulièrement à celle qui a pris son lundi pour accompagner Marie-Anne qui est si triste de voir sa maman s'éloigner peu à peu. 💓💓💓

 

Ca flotte dans un cocon de douceur et d’ouate.

Ça baigne en béatitude dans un environnement de velours, tiédeur en suspension.

Ça n’est que sensations, bercements, perceptions alentour.

Tout à coup, ça bringuebale de toute part, rebondissant de tout côté.

C’est secoué en tornade.

Le big bang envahit l’espace, dans l’intuition d’un ailleurs.

Des parois environnantes compriment, relâchent, compriment, relâchent, laissant tout sans dessus-dessous.

Il y a une attraction, là, vers le bas, au creux d’un vortex inévitable.

Et puis, c’est un tunnel long, étroit et enveloppant.

Ça glisse, tièdement tempéré.

Soudain, un énorme flux d’air gonfle à fond des ballons en arbres de vie.

C’est alors que ça passe d’un dedans à un dehors ; ça nait à la vie dans une inspire.

 

Voilà, j’en suis là.

Je suis né(e).

Dans une inspire.

Comme tout le monde.

Je vis,

Tant bien que mal.

Corps mené et malmené.

Comme tout le monde.

Quand je vais bien, je respire sans réfléchir.

Quand je vais mal, je convulse, palpite, frémis.

Mes poumons se déballonnent.

Je déboulonne en spasmophilie.

Je continue, tachychardique.

Souffle court, cœur battant,

Mais vivant…

Avec joies, avec peines

Avec amour, avec haine,

A corps perdu,

J’exulte, exècre, insulte, savoure,

J’aime, donne, reçois, je crie d’amour,

A cœur et à cri,

Je vis,

Tant bien que mal.


Quel qu’elle soit, je l’aime, cette vie qui me comprime, me déprime puis me lâche et relâche sans relâche.

Je la respire à plein poumon, attendant sans impatience son issue finale et fatale.

C’est alors que, cette fin, je la perçois comme si…


Comme si je flottais dans un cocon de douleur moite.

Comme si je baignais de rectitude, en tiédeur redoutée, suspendu.

Je ne suis alors que sensations, bercements, perceptions alentour.

Tout à coup, je bringuebale de toute part, rebondissant de tout côté.

Je suis ébroué(e) en tornade.

Le big bang m’envahit, j’ai la volonté d’un ailleurs.

Les douleurs environnantes me compriment, me relâchent, encore et encore, me laissant sans dessus-dessous.

Je sens ma fin, ici-bas, aspiré(e) au creux d’un vortex vertigineux, flippant.

C'est long, comme un tunnel tout noir.

Ca patine, désespérant.

Soudain, un énorme flux d’air dégonfle mes poumons, c’est ballot et pas bon !

Ca sonne le glas, je passe ainsi du dedans au dehors et meure à la vie, dans une expire.

 

Quand j’en serai là,

Oui, je serai mort(e).

Dans une expire.

Et puis…

Peut-être,

Encore,

Plus tard,

Bien plus tard…

Peut-être,

 

Ca flottera dans un cocon de douceur et d’ouate.

Ca baignera en béatitude dans un environnement velouté, suspendu.

Ça ne sera probablement que sensations, bercements, perceptions.

Alors, ça cahotera de toute part, rebondissant de tout côté.

Ça sera transformé en tornade.

Le big bang envahira la perception d’un ailleurs.

Des parois environnantes comprimeront, relâcheront, encore et encore, laissant tout sans dessus-dessous.

Il y aura comme une aspiration au fond d’un vortex incroyable.

Ce sera sûrement long, étroit, enveloppant.

Peut-être qu’un énorme flux d’air gonflera des ballons en arbres de vie.

Ca passera du dedans au dehors ; ça renaîtra à la vie, dans une inspire.

 

Et ça, sans fin….

Inspire,

...

expire,

...

inspire

Sandrine-aile

Novembre 2025

Commentaires

  1. ❤️ C'est beau chou.... ❤️

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  2. C'est très touchant, j'ai envie de pleurer, une pensée d'amour à tous les proches
    Anne-Marie

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