Maintenant...
Voici une petite histoire, revue à ma sauce, que tu connais déjà, sans doute…
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Soudain, alors qu’il lève le nez
pour sonder l’horizon, de l’air conquérant qui le caractérise, il remarque un
pêcheur poussant sa barque vers la rive. Au fond, juste quelques poissons.
Max Souplus, toujours prêt au
développement, voir à l’expansion de toute action, interpelle le pêcheur :
-
Eh l’ami,
combien de temps te faut-il pour attraper ces quelques poissons ?
-
Oh, juste un
peu de temps, répond l’ami-ral de la barque, mais souriant.
-
Ah ?
Alors pourquoi ne pas rester plus longtemps en mer et en attraper davantage ?
s’étonne Max Souplus.
-
Mais
« cétacés » pour nourrir toute ma famille, répond le Dubosc de la
mer.
-
Oui, mais,
qu’est-ce que tu fais le reste de la journée ? demande Max, sympa mais curieux
(et très commercial).
-
Oh ben, j’ai
l’habitude de me réveiller tôt pour aller en mer pêcher. Et puis après, je
reviens à la maison pour jouer avec mes enfants. Dans l’après-midi, je fais une
petite sieste avec ma femme. Le soir, je rejoins mes amis au
village pour prendre un verre, jouer de la guitare, chanter et danser.
Max Souplus, rêveur, expose alors au
pêcheur du même ton que peut prendre un conférencier :
-
Moi, je suis
titulaire d’un Doctorat en Gestion d’Entreprise, un DGE. Je pourrais t’aider à
avoir du succès dans tes affaires.
-
Ah oui, et
comment ? demande Franck, le pêcheur.
-
A partir de
maintenant, répond l’Elon Musk des affaires, tu pourrais passer plus de temps
en mer à attraper des poissons en grande quantité. Et ensuite, quand tu auras
thésaurisé suffisamment d’argent, tu pourras acheter un bateau plus grand et
attraper encore plus de poissons. Alors, tu seras en mesure d’acheter plus de
bateaux, puis, créer ta propre
entreprise, ton usine de production et mise en conserve. Tu pourras élargir
ainsi ton réseau de distribution. Entre temps, tu pourras quitter ce village et
aller à Paris, où tu établiras le Siège de ton entreprise.
Le pêcheur le regarde, perdu devant
cette longue tirade, mais lui dit :
-
Ah ouais…. Et
après ?
Max Musk, rit de toute sa gouaille
et énonce comme une évidence :
-
Et ben, après
ça, tu pourras vivre comme un roi dans ta propre maison, et quand le moment
sera venu, tu pourras coter ta société en Bourse, vendre des actions, et
devenir riche, très riche !
-
Ah ouais… Et
après ?
-
Eh ben,
après, dans trente ans, tu pourras enfin prendre ta retraite, déménager dans un
petit village de pêcheurs, te réveiller tôt, pêcher, retourner à la maison pour
jouer avec tes petits enfants, faire d’agréables siestes chaque
après-midi avec ta femme. Et quand le soir sera venu, tu pourras
rejoindre tes amis pour boire un verre, jouer de la guitare, chanter et danser
!
Le pêcheur, perplexe mais sourire
aux lèvres lui répond alors :
-
Ouais, ben…
c’est ce que je fais, déjà…
Je me sens si proche de la
morale de cette histoire… A l’aube d’une nouvelle vie, la bien nommé retraite,
et loin, très loin du brouhaha du monde des affaires, de la performance et de
ses performeurs, de l’appât du gain et
du toujours plus, je savoure les plaisirs simples qui me sont offerts chaque
jour. Et ça me rend pleinement heureuse !
Ainsi,
la richesse de mon être est en mon fort for intérieur et en ma profonde
profondeur, ici et maintenant. Nul besoin de chercher ailleurs, ni dans un autre
temps, ni dans un autre lieu, ni dans plus de poissons, ni dans un compte en
banque compétitif ou des actifs hyperactifs avec pignon sur rue.
La nature humaine s’illusionne à croire qu’elle a toujours besoin de plus, encore et encore, c’est là que le regard reste obstinément orienté vers le fond d’un puits sans fond ; or, (et c’est là qu’est la richesse, « or »), notre propension au bonheur et à la joie de vivre n’atteindra jamais autant les pics ascensionnels que ceux que l’on peut connaître à travers les plaisirs simples de l’ici et du maintenant, celui de boire un verre entre amis, de passer une journée avec enfants ou petits-enfants, de lire un bon bouquin, regarder un bon film ou encore de savourer la Vie et son silence intérieur.
Le silence intérieur ; voilà un autre puits sans fond qui, lui, mène vers l’infini du cœur. Assurément, cette vie m’apprend ça ; le seul puits sans fond qui vaille, c’est l’infini du cœur. Et pour le sonder, je n’attends pas une nouvelle vie (pourquoi attendre la retraite ?), le bonheur, c’est aujourd’hui.
Sandrine-ailes
Complètement d’accord avec toi !
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