Diling-Diling...

 


Voilà plusieurs jours que, chaque fois que je prends un virage en voiture ou que je freine brusquement, deux petites bouteilles en verre s’entrechoquent à l’arrière. Ca fait diling-diling du fond de mon coffre. Ces deux petites bouteilles, je les avais mises là, sans les caler, au milieu de quelques objets hétéroclites, pensant saisir l’occasion imminente de la rencontre d’une poubelle à verre sur un de mes prochains trajets. Mais on sait ce que c’est, hein ? On part pour un trajet précis (boulot, visite, course), on passe devant ou pas loin de la poubelle en question, on ne s’arrête pas, on a rendez-vous, on est pressé, ça n’est pas le sujet… 

Ce jour-là, il fait grand beau, j’ai des courses à faire et les bouteilles continuent à se balader de gauche à droite, sans se briser, c’est déjà ça. Quand le niveau de la musique dans l’habitacle m’en laisse le loisir, les diling-dilings des bouteilles rappellent à l’ordre mon oreille attentive et orientée. Ah flute, oui, faut que je largue ces bouteilles. De fait, le bruit se fait un peu agaçant.

Ce jour-là donc, je vais au centre commercial du coin pour quelques menues emplettes. En prenant un sac de course dans mon coffre, les deux bouteilles me font de l’œil. Et à mon oreille résonnent en écho les irritants diling-dilings de chaque virage. Ça me saoule de savoir que ça va encore faire diling-diling à mon retour ; justement, pour le retour, je suis pressée, pas de poubelle à verre sur mon trajet, à moins de faire un détour, je n’ai vraiment pas que ça à faire ! Je suis garée juste à côté des chariots du centre commercial, la place qui colle à la longue ligne de chariots, on ne peut pas faire plus près. L’occasion est imparable, trop facile, ni une, ni deux, je prends les bouteilles, je les glisse discrètement dans le premier chariot de la file, comme ça, l’air de rien, ni vu, ni connu.

Je pars faire mes courses d’un pas alerte, mon sac à la main. Je n’en ai pas pour bien longtemps, je ne traîne pas, je suis dans la conscience de ce que j’entreprends, comme je m’y astreins le plus souvent possible, j’apprécie la douceur du temps en sortant, je respire et m'emplie de contentement, ma journée est scandée d'activités plaisantes, tranquilles. Arrivée à ma voiture, je pose mes courses dans le coffre, puis je m'installe au volant. J’attache ma ceinture et mets le contact. C'est en relevant les yeux que je vois mes deux petites bouteilles en verre, bien en vue et en équilibre sur les essuies glace, reposant sur mon pare-brise.

Diling-diling… Dans un tout premier temps, ça me fait comme un pic d’orgueil, souffle coupé : « Mais de quoi je me mêle, qui a pu oser mettre ces bouteilles ici ? ». Puis très vite, une honte monte en moi et, de la place conducteur, c’est plus fort que moi, je regarde discrètement à droite à gauche pensant trouver la personne qui m’a fait cette bonne blague… Mais il n'y a personne alentour. Oui, j’ai beau avoir été discrète, quelqu’un cependant m’a vue déposer secrètement mes deux petites bouteilles illicites dans le chariot qui n’a rien demandé. La honte ! Oui, mais quand même ! Qui peut prétendre faire la loi autre que quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ? Manque pas d’air, celui-là ! Oui, mais… il m’a vu !… Honte à moi !!

Je vacille intérieurement, entre orgueil exacerbé et honte de moi.

Et puis soudain, en une fraction de seconde, de façon très subtile, comme si l’observateur en moi choisissait de ne plus basculer ni vers l’orgueil ni vers la honte, un équilibre évident s’invite en mon for(t) intérieur.

C’est alors que je souris. Je me souris à moi-même. Je souris à l’initiateur de la bonne blague. Je souris à la vie qui sait toujours me mettre sur le bon chemin, le mien, celui de l’honnêteté. Qu’importe qui est à l’origine de ce « remballe tes déchets et va les mettre où il se doit », le message est clair, il est venu d’un ailleurs, je l’ai reçu, c’est la vie qui me l’envoie : sur cette terre, dans cette existence-là, je n’ai pas à agir comme je viens de le faire. C’est pour moi une évidence. Et c’est pour ça que la vie me le rend si bien, dans mes interactions avec les autres et dans tout ce que je vis au quotidien, me rendant alignée avec moi-même.

Depuis le temps que je pratique la méditation, je peux affirmer que c’est grâce à ça que je parviens facilement à m’extraire des faux pas pour en tirer les bonnes conclusions et avancer légitimement. La méditation m’aide (entre autre) à m’observer dans mes (chemins de) travers pour me remettre sur le bon chemin. L’humain est parfaitement imparfait, le jeu est de reconnaître au quotidien les évènements qui peuvent nous aider à inverser la tendance. Pour moi, l’histoire des bouteilles en fait partie.  

La méditation peut sembler pour certain  être une pratique individuelle ; on se met en introspection, on semble ignorer tout de ce qui nous entoure. Or, c’est complètement l’inverse qui se passe : quand je médite, je m’ouvre à quelque chose d'immensément plus grand que moi et j’accueille tout ce qui m’entoure, bon et mauvais ; le Tout est mon affaire. Je médite sur le cœur, car le cœur sait.

Le 21 décembre 2025, c’est la journée mondiale de la méditation.

Personnellement, j’y serai, unie vers ceux qui le seront aussi.

A cœurs ouverts pour résonner, vibrer avec l’univers, positivement…

Dilin-diling !




Sandrilin-diling
🙏🙏


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