Dame Nature




Bonjour la Smala-alibi,

Un petit peu de moi... Je ne peux pas le renier, ce blog, c’est toujours, souvent, parfois, un petit peu de moi.

A toi qui suis religieusement l’histoire de Ludivine, oui, bien sûr, il y a un petit peu de moi, là-dedans aussi.

Et, pour te faire patienter sur la suite de cette histoire, en cette période estivale où les bords de mer en sont les points de chute, me vient à l’esprit « un souvenir lié à l’eau », un texte écrit en atelier d’écriture. 

Encore un petit peu de moi qui m’ancre (si je puis dire😉) d’avantage à la terre qu’à la mer.

Voici.

 

« Entre 9 et 12 ans, je partais à la mer avec mes grands-parents sur la côte d’azur.

Ce moment de vacances au bord de la mer peut sembler fantastique extérieurement, et il l’était, sur l’instant. Je manquais la fin des cours de juin et la rentrée scolaire en septembre. Mes grands-parents prenaient leurs vacances, loin de la grisaille banlieusarde, pour aller dans leur petit studio à Nice, au bord la promenade des anglais, de juin à septembre ; ils n’allaient pas écourter juste pour quelques cours ratés.

C’était un bonheur et une belle aventure que de partir à bord de la Simca bleue, tous les trois. Arrivés là-bas, le petit appartement avec son balcon fleuri de géranium était réhabilité pour la saison. Il donnait sur la double voie bruyante, sur les travaux de l’aéroport en construction, mais aussi sur la mythique promenade des anglais et sur la mer à perte de vue. De quoi occulter tout désagrément...

Le rythme de notre séjour, irrémédiablement, c’était la mer dès 9h du matin, le retour à midi, la sieste après manger et à nouveau la mer, jusqu’au coucher du soleil. Nous n’avions qu’à traverser la double voie pour atteindre la plage de galets.

Me satisfaisant du présent comme beaucoup d’enfants, je m’ébattais joyeusement dans les petites vagues de la méditerranée. J’y passais un temps fou, et j’aimais ça. Sur l’instant. Les galets, on en faisait notre affaire, au début, les pieds font la tronche, ça fait mal, mais très vite, on s’habitue, les pieds se cornent et ainsi se protègent.

Les fonds marins étaient visibles au travers d’une mer limpide le matin, qui, au fur et à mesure de la journée se troublait. A l’image de la vie, peut-être ?

Et le rythme était invariable, du lundi au samedi. Il n’y a que le dimanche qu’on partait jouer aux boules dans le vieux Nice.

Autant dire donc, que j’en ai mangé, de cette mer-là.

La mer, ah, la mer… Toute ces années, je m’y suis lovée, j’ai bu sa tasse, j’ai tenté  de respirer le moins possible pour plonger souvent dans ses profondeurs marines. C’est quand j’ai adopté masque et tuba que j’ai réconcilié ma vue et mon souffle, les synchronisant… J’ai tout aimé de cette période. Presque tout.

Aujourd’hui, quand j’entends la mer, je n’entends plus la mienne.

Moi, la mienne s’était barrée quand j’avais 6 ans et j’avais très peu de souvenirs d’elle, surtout que je n’entendais que des critiques à son endroit. Au fil du temps, ça a fait dans mon esprit comme une lame de fond qui roule douloureusement les galets dans un bruit de désordre. Certes, les galets, il faut en faire notre affaire, au début, ça fait mal, mais très vite, on s’habitue. Les pieds se cornent, se protègent. C’est pareil pour une mère absente et le désordre qui en découle.  Et c’est le cœur qui se corne, qui se protège…

Aujourd’hui, dans mon esprit, l’eau est associée à la mer et aussi à la mère.

Peut-être que ç’est pour ça que lorsqu’il me faut choisir un lieu de vacances, entre mer et montagne, mon choix est fait, sans aucune hésitation ; je choisis, les hauteurs des montagnes, le souffle libre, sans masque ni tubas, les pieds sur terre, sans galet douloureux. 

Et sans mère, oui, sans mer….

 

Le week-end prochain, c’est mariage en auvergne. Autant dire que je n’aurai pas le temps de poursuivre Ludivine et ses gènes errants.

Rendez-vous donc premier week end de septembre (2025) !💓

 

Sandrinailes

(plus que jamais🙏)

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